INCENDIE AU TRAVAIL

C’est un sujet préoccupant et d’actualité permanente. Il est souvent question de sinistres graves faisant parfois des victimes et causant d’importants dégâts matériels.

Ces incendies sont également dramatiques sur le plan économique : dans près de 70 % des sinistres, l’entreprise disparait et le personnel se retrouve au chômage. Toutes les parties prenantes doivent être conscientes de la gravité du problème.

Qu’est-ce qu’un incendie ?

C’est la combustion qui se développe sans contrôle dans le temps et dans l’espace, contrairement au feu qui est une forme de combustion maitrisée.
Le processus de combustion est une réaction chimique d’oxydation d’un combustible par un comburant. Cette réaction nécessitant une source d’inflammation pour être initiée. Il suffit de l’absence d’un des trois éléments pour empêcher la combustion.
Etant donné que le comburant (oxygène de l’air) est toujours présent sur les lieux de travail et qu’il y a presque toujours des combustibles (matériaux de construction, stocks, fabrique…), tous les établissements présentent des risques d’incendie dès lors qu’il y aura présence de source d’inflammation.
Et dans le second tableau, vous retrouverez pour mémo, les anciens pictogrammes européens qui ne sont plus utilisables que depuis 2015 et qui peuvent toujours se retrouver dans des stocks anciens...

Les conséquences de l’incendie

Si la destruction des bâtiments et des biens représente un tribut important payé à l’incendie, ce qui importe, en premier lieu, ce sont les conséquences sur l’homme.
Les deux principaux effets des sinistres sont liés aux fumées et aux gaz, à la chaleur et aux flammes.
preventions

Fumées et gaz

La première cause de décès lors des incendies est due aux fumées.
Elle est liée à :

- L’asphyxie par manque d’oxygène : la concentration en oxygène dans l’air est de 21 %. Lors d’un incendie, elle diminue rapidement.
- La toxicité des produits de combustion : parmi tous les gaz produits, le monoxyde de carbone reste toxique majoritaire en quantité dans toute combustion de matériaux organiques. Il est inodore et donc non décelable. Les produits de dégradation de certaines matières plastiques rendent l’atmosphère encore plus délétère (corrosive, toxique…).
- L’opacité des fumées présente également l’inconvénient majeur de gêner l’évacuation des occupants et l’intervention des secours.

Chaleur et flammes

Le risque thermique engendra principalement des brulures (les flammes sont une température de 600 ° à 1200 °C). De plus, l’effet lumineux des flammes constitue un danger pour les yeux.

Comment prévenir l’incendie ?
La prévention incendie cherche d’abord à supprimer les causes de déclenchement puis à assurer la sécurité des individus. Elle facilitera l’intervention des secours extérieurs et visera à limiter l’importance des dégâts.
La suppression des causes de déclenchement et de propagation d’incendie passe par la prise en compte de mesures concernant les points ci-après.
preventions

La conception et la construction des bâtiments


- Implantation des bâtiments pour permettre l’évacuation rapide des personnes et faciliter l’accès des équipes de secours.
- Tenue au feu des structures pour permettre à celles-ci de rester stables, au moins pendant l’évacuation des personnes.
- Choix des matériaux pour limiter les émissions de gaz toxiques en cas d’incendie. • Isolement, séparation et distances de sécurité pour empêcher (ou limiter) la propagation d’incendie.
- Désenfumage pour évacuer les fumées et gaz chauds.
- Issues de dégagements judicieusement répartis afin de favoriser l’évacuation rapide en sécurité des personnes présentes.
- Alarmes audibles en tout point du bâtiment et adaptées à tout type de handicap

Les combustibles

- Utilisation, si possible, de produits moins inflammables/combustibles.
- Limitation des quantités au poste de travail et dans l’ensemble de l’atelier.
- Capotage des zones d’émission de produits combustibles.
- Captage des émissions de produits combustibles.

Les comburants

Travail en atmosphère inerte (attention au risque d’anoxie)

Les sources d’inflammation

- Refroidissement ou isolation thermique des surfaces chaudes et des procédés.
- Encadrement des travaux par points chauds (procédure de permis de feu).
- Matériels et installations électriques conformes aux normes d’installation (pour la basse tension, la NF C 15-100)
- Entretien et contrôle réguliers d’installations électriques (thermographie infrarouge…) pour détecter les points chauds.
- Adéquation du matériel électrique et non électrique à la zone à risque d’explosion si présente.

Déclencher l'alarmeL’organisation du travail

- Etablissement des consignes d’incendie
- Etablissements des procédures d’intervention (permis feu…)
- S’informer de l’étiquetage des produits inflammables et de la signalisation « interdiction de fumer ».
- Sensibilisation de l’ensemble du personnel au risque incendie.
- Entrainement du personnel au maniement des moyens d’extinction et exercices périodiques d’évacuation.
- Information des nouveaux embauchés et des intervenants extérieures.
- Surveillance des zones sensibles.

Contexte règlementaire

- En matière d’incendie, la réglementation vise essentiellement à assurer la protection des personnes alors que les assureurs préconisent des mesurent propres afin de protéger les biens.

- Cette répartition est plus formelle que réelle mais l’ensemble des dispositions prises constituent un tout.
Les deux grands principes dont l’application est destinée à la protection des personnes contre le risque « incendie » sont :

- Leur évacuation hors des bâtiments ;
- Leur isolement dans des zones résistant au feu et à ses effets.

La réglementation est importante et souvent complexe. Les établissements relevant du Code du Travail, les établissements recevant du public (ERP), les immeubles de grande hauteur (IGH), les locaux d’habitation sont en effet autant de bâtiments régis par des textes règlementaires différents. Il appartient à l’employeur de retenir des solutions lui permettant de respecter les textes auxquels il est soumis.