LES LOMBALGIES

Qu’est-ce qu’une lombalgie ?

Les lombalgies sont des douleurs courantes du bas du dos. Elles résultent généralement d’un effort excessif, d’un mouvement brutal ou extrême, d’une chute…. Le plus souvent, la douleur est d’origine musculaire. Les contraintes professionnelles peuvent jouer un rôle déterminant dans leur survenue. La manutention, les vibrations, les chutes de plain-pied et le travail physique lourd sont des facteurs de risque avérés. Au-delà de la crise aigüe, le risque majeur de la lombalgie, c’est la durée et de se répétition du mal. Or, les contraintes physiques et psychosociales de travail sont des facteurs de risques reconnus de passage à la chronicité. L’entreprise est particulièrement bien placée pour favoriser une action précoce pour prévenir l’exclusion du salarié lombalgique.

Définition de la lombalgie

C’est une douleur de la région basse du dos d’intensité et d’étendue variables. Il peut s’agir d’une simple lourdeur, d’une gêne au mouvement ou d’une douleur franche. Elle peut être très localisée, ponctuelle ou diffuse sur l’ensemble de la zone.

Lumbago

Douleur lombaire intense, d’apparition brutale, qui bloque le mouvement.

Sciatique

Douleur qui irradie dans la cuisse, la jambe et jusqu’au pied, marque l’irritation ou la compression d’une racine nerveuse basse de la colonne lombaire.



Mal-de-dos
Mal-de-dos chute-de-plain-pied

Les lombalgies en chiffres


  • Près de 4 personnes sur 5 souffrent un jour de lombalgies.

  • La lombalgie est la première cause de handicap au travail avant 45 ans.

  • Les chutes de plain-pied sont responsables d’un quart des lumbagos reconnus comme accident du travail (AT).

30 millions de journées de travail seraient perdues chaque année en France à cause des lombalgies.

Les coûts indirects, essentiellement à la charge de l’entreprise, sont 10 fois supérieurs aux coûts directs.
La lombalgie, tendinite, syndrome du canal carpien, épicondylite, hygroma du genou… sont des maladies qui touchent les articulations, les muscles et les tendons, c’est-à-dire l’appareil locomoteur.

L’activité professionnelle peut jouer un rôle dans leur survenue, leur maintien et leur aggravation. On les appelle les troubles musculosquelettiques (TMS).





Quelles conséquences pour l’entreprise et pour les salariés ?

Elles sont souvent sous estimées et parfois méconnues :

  • Absentéisme, difficultés pour remplacer le personnel, désorganisation du travail, surcharge de travail pour ceux qui restent ; 
  • Baisse de performance, perte de qualité
  • Restriction voire inaptitude au travail ;
  • Désorganisation des équipes, nécessité d’adaptation des postes ; 
  • Dégradation du climat social ;
  • Mauvaise image de l’entreprise.

Les conséquences sont connues par les salariés : 

  • souffrance, difficultés à réaliser son travail,
  • arrêts de travail, handicap

les TMS sont le premier facteur d’inaptitude au travail.

 

Les TMS en chiffres 

  • 1ère maladie professionnelle (MP) dans plusieurs pays Européens
  • En France, en 2010, plus de 40 000 nouveaux TMS indemnisés
  • 40 % laissent des séquelles (incapacité permanente partielle)
  • Près de 100 000 accidents du travail sont des lombalgies
  • Plus de 8 millions de journées perdues, dont 1/3 pour TMS de l’épaule
  • Coût direct : 800 million €
  • Chez les salariés de 20 à 59 ans, 15 % des femmes et 11 % des hommes présentent au moins un des principaux TMS du membre supérieur et 17 % des femmes et 16 % des hommes des symptômes lombaires qui ont duré plus de 30 jours pendant la dernière année.


    Reportage sur les TMS

    Un petit film de nos amis belges sur les TMS qui illustre parfaitement le contenu de cette fiche prévention
    Dans ce reportage, on mesure l'impact considérable des problèmes de lombalgies sur les travailleurs, les entreprises et les organismes de sécurité sociale


Comment en arrive-t-on là ? 

Les TMS sont le résultat de la combinaison de multiples causes

Les situations de travail défavorables peuvent être liées : 

  • Au poste de travail et à son environnement, par exemple l’espace de travail, la répétition des mêmes gestes, les efforts importants, des manutentions lourdes, le travail immobile prolongé, les postures contraignantes (travail bras en l’air, accroupi, penché…), l’utilisation de la main comme un marteau, l’appui prolongé sur un plan dur, l’exposition aux vibrations (conduite d’engins, utilisation d’outils vibrants), le travail au froid ;
  • A l’organisation du travail, par exemple les délais trop courts, le travail monotone, les taches dépourvues d’intérêts, l’absence de possibilité de s’organiser ou de choisir sa façon de faire, le manque de pauses, une récupération insuffisante ;
  • Au climat social dans l’entreprise, par exemple les mauvaises relations de travail, le défaut d’entraide entre collègues, le manque de reconnaissance, l’incertitude sur l’avenir, le sentiment d’être en situation d’échec, le manque de moyens pour bien faire son travail, les situations de stress.
  • Les contraintes de travail n’ont pas les mêmes conséquences selon les personnes et les périodes de la vie professionnelle : capacités variables en fonction de l’âge, de l’expérience professionnelles et en fonction du contexte de travail (nouveau poste, arrêt maladie, retour de congé…)


Que pouvez –vous faire ? quand commencer à agir ? 

N’attendez pas les premières plaintes ni les premiers effets sur la production et l’organisation pour agir

L’évaluation des risques, retranscrites dans le document unique, est là pour vous aider puisqu’elle vous permet de recenser les situations à risque, notamment pour les TMS. Vous pouvez, par exemple, essayer d’identifier quelques-uns des facteurs cités plus haut et voir si votre entreprise est concernée. 

La démarche de la prévention doit être renforcée lors de l’apparition de plaintes et à l’occasion de tout changement (un collègue absent, un nouveau marché, un changement de process, une tache inhabituelle, un nouveau matériel…) être vigilant permet d’agir précocement et de limiter les conséquences des risques de TMS pour l’entreprise et pour les salariés

Quelles que soient les mesures que vous mettrez en place, vous devez les évaluer régulièrement et les adapter si nécessaire. Pour cela, il convient de définir des indicateurs de suivi des actions. La prévention des risques de TMS est un processus d’amélioration continue


Comment agir ? 

La mobilisation interne 

C’est vous qui connaissez le mieux votre entreprise, vous pouvez trouver des solutions en interne

L’engagement de la direction et la contribution de tous sont incontournables. Tous les salariés de l’entreprise doivent être associés et impliqués dans la démarche.

 L’entreprise s’appropriera la démarche de prévention des risques liés aux activités physiques (PRAP) notamment par la sensibilisation et la formation de tous ses acteurs et l’ apprentissage des méthodes d’évaluation des risques les plus adaptées à ses problématiques et aux compétences de ses salariés

Les idées reçues sur la prévention des TMS 

Travailler assis c’est mieux que travailler debout !


La tache détermine la position de travail. Changer de position à son rythme réduit la fatigue d’une posture maintenue trop longtemps.

C’est mieux de rapprocher de l’opérateur les sources d’approvisionnement du poste !


Les approvisionnements doivent se situer dans la zone d’atteinte des bras. La zone située face à l’opérateur doit servir au travail, les zones latérales sont plutôt réservées à l’approvisionnement, toutefois, se déplacer occasionnellement pour s’approvisionner peut constituer un temps de récupération fonctionnelle à ne pas systématiquement considérer comme un « temps mort » et permettre d’éviter un travail trop statique.

Pour réduire le risque de TMS, il faut favoriser la rotation des postes et la polyvalence !


Lorsque le travail s’effectue en ligne, la rotation des postes au cours d’une même journée évite la monotonie, la répétitivité excessive des gestes et participe à une gestion raisonnée des contraintes articulaires et musculaires. En ce sens, elle contribue à la gestion des contraintes physiques qui peuvent générer des TMS. Mais cela n’est vrai que si elle s’accompagne d’une formation adéquate et si elle permet de faire travailler des groupes musculaires différents.

Les femmes sont plus atteintes que les hommes !


Les femmes sont, plus souvent que les hommes affectées à des postes de travail ou l’activité est plus monotone, les gestes plus répétitifs, plus fins, les cycles plus courts et l’ autonomie réduite.

Il vaut mieux affecter des jeunes aux postes pénibles, ils sont plus résistants !


Leur capacité musculaire est certes souvent supérieure à celle des seniors, mais ne les protège pas pour autant du risque de TMS. Si les seniors sont plus vulnérables, leur expérience leur permet de développer des stratégies de protection de leur santé. Dans tous les cas, la réduction de pénibilités est la première étape pour diminuer leurs facteurs de risques de TMS et elle doit s’appliquer à l’ensemble des salariés.

En faisant des pauses, on limite le risque TMS !


Les pauses réparties sur une journée de travail permettent les temps de récupération ; elles participent à la réduction des contraintes et à moyen terme contribuent à la prévention des TMS. Mais, sans engagement des postes et réflexion sur l’organisation du travail, elles ne suffisent pas à réduire le risque.

L’échauffement, les étirements, la relaxation permettent de prévenir les TMS !


Lorsque les situations de travail permettent de varier la gestuelle, de réduire les principaux facteurs de risque et d’améliorer le climat social dans l’entreprise, alors étirements, échauffements ou relaxation peuvent devenir un plus pour la prévention, s’ils reposent sur le volontariat sans contrainte de temps supplémentaire. Tout moteur nécessite une montée en puissance progressive, il peut en être de même pour une activité exigeante physiquement…

Il faut lutter contre l’inactivité physique !


Chaque poste de travail comporte une part d’activité physique qui est souhaitable, car l’immobilité est un facteur de risque d’atteintes articulaires, musculaires et cadio vasculaires. Cependant, si cette activité physique est excessive, mal conduite, déséquilibrée, statique, etc…, elle peut provoquer des lésions de l’appareil locomoteur (dos, membres ou aggraver les conséquences de ces lésions.